Laurette, c'est comme ça que mes proches m'appellent.

Sur les papiers officiels, je m'appelle Laure. Laurette, c'était ma grand-mère, puis toute ma famille, puis tout le monde. J'ai gardé ce prénom pour mon métier parce qu'il enlève de la distance. Une architecte, ça impressionne. Laurette, beaucoup moins. Et c'est ça que je cherche : que les gens osent aller vers la culture.

J'ai grandi dans un atelier de reliure.

Mon père est relieur d'art contemporain, et il a enseigné à l'école Estienne. Enfant, j'ai feuilleté un manuscrit de Sartre dédicacé par Cocteau et manipulé des pages illustrées par Miró. J'ai touché les peaux, les papiers Japon, les beaux chiffons. Je donnais mon avis sur les crayonnés : une ligne plus tendue, une couleur plus franche, une typo décalée.

Je n'ai pas fait d'école d'art. J'ai appris la composition par immersion, et le sens du détail avec un prof à la maison.

Deux ans de voyage, et le papier comme langage.

Après six ans comme médiatrice en architecture à Paris et près de 4100 enfants sensibilisés, j'ai eu envie de tout quitter. Je suis partie voyager, léger : un sac de vingt-huit litres, deux changes, mes crayons et un carnet.

Le papier m'a suivie partout. Au Sénégal, j'ai animé des ateliers pop-up et maquette avec les enfants du village où je vivais. En Amérique du Sud, j'ai fabriqué des cartes pour remercier ceux qui m'avaient hébergée. En Inde, c'était les origamis. En Thaïlande, j'ai appris à fabriquer du papier.

En résumé, le papier c'était rencontrer, remercier, transmettre. Aujourd'hui, j'en ai fait mon métier.

Vous voulez en savoir plus ?

Vous avez un projet ? Parlons-en.

Écrire à Laurette